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30 août 2018

Benoît Quignon : "Les Entretiens du Cadre de Ville permettront de partager les réflexions sur nos pratiques urbaines"

Pour le directeur général de SNCF Immobilier, les Entretiens 2018, sur le thème des défis posés par l'urgence climatique et sociale, vont contribuer à trouver la voie d'une "transition qui veille à un développement équilibré de nos systèmes urbains", en portant attention à ceux "qui les habitent et y circulent". Celui qui préside également ICF Habitat et Espaces Ferroviaires, annonce : "Nous allons aménager, en dix ans, 150 hectares au coeur des villes".

Benoît Quignon

Cadre de Ville - Vous êtes partenaire des Entretiens du Cadre de Ville. Pourquoi soutenez-vous cette initiative ?
Benoît Quignon - Il est nécessaire de prendre le temps du recul et de la réflexion sur nos pratiques, ne serait-ce qu’une journée, pour mieux appréhender les défis de demain.
Les Entretiens du Cadre de Ville permettent ce pas de côté. De plus, le partage des expériences de projet d’un public varié de décideurs, opérateurs, élus, investisseurs, garantit la richesse des débats tout en offrant la possibilité de faire évoluer nos pratiques opérationnelles.

> Voir le programme des Entretiens et les liens d'inscription

CdV - SNCF Immobilier est un acteur important de la mutation urbaine. Vous transformez beaucoup de terrains de la SNCF en nouveaux quartiers. D'une certaine façon, vous recyclez la ville sur la ville. Quelle vision portez-vous sur la ville de demain ?  Comment la voyez-vous ?
B. Q. - SNCF Immobilier valorise les actifs qui ne sont plus utiles à l’activité de l’entreprise : il s’agit de foncier ferroviaire ou industriel, souvent situé au cœur des villes. Fruit de l’histoire d’un acteur majeur de l’aménagement du territoire, le patrimoine dont SNCF a la responsabilité est inédit en France.

Inédit par son ampleur - c'est le deuxième patrimoine en France après celui de l’État -, il l'est aussi par sa diversité d'actifs de toutes natures : immobilier industriel, tertiaire et résidentiel, emprises foncières, par sa couverture territoriale dans 50% des villes de plus de 10 000 habitants. Ce patrimoine nous attribue une responsabilité dans son développement et nous positionne à l’avant-poste pour penser la ville de demain avec tous ses acteurs.
 
Le potentiel de transformation de ce patrimoine est considérable : à travers 34 projets urbains majeurs en cours, nous aurons aménagé dans 10 ans 150 ha au cœur des villes, en étroite collaboration avec les collectivités concernées.

> Lire sur Cadre de Ville : Paris / Gare de Lyon : "Espaces Ferroviaires va engager le développement d'un quartier bas carbone sur 6 hectares"
 
CdV - Quelles priorités donnez-vous à ces quartiers ?
B. Q. - Nous dessinons le patrimoine de demain en ré-inventant les espaces d’activité industrielle ou tertiaire, au service de nouvelles performances du groupe SNCF, mais aussi, en aménageant des quartiers et en construisant des logements adaptés aux modes de vie d’aujourd’hui.
 
Nous opérons ces transformations avec les collectivités : métropoles, villes, communautés urbaines avec une vision du partenariat et développement de la Ville responsable, adossée à notre expérience des tissus urbains et de leurs dynamiques : mobile, connectée et inclusive.
 
Les nouveaux défis de la fabrique urbaine tiennent au phénomène d’urbanisation croissante, mais selon de nouveaux modes d’habiter, marqués, comme la fabrique de la ville elle-même, par la révolution numérique, et prenant en compte les contraintes de la diminution des ressources de la planète, de la lutte contre la pollution. Et la société formule de nouvelles exigences de participation citoyenne et la recherche de cohésion sociale.
 
A l’heure de l’émergence des smartcities, les réflexions urbaines doivent également servir l’objectif de cohésion sociale. Cette ville doit être attentive aux pratiques de ceux qui y habitent et y circulent, pour ne pas exclure.
 
CdV - Quelles thématiques du programme des Entretiens vous interpellent particulièrement ? Et pourquoi ?
B. Q. - L’ensemble des sujets qui relèvent de ce qu’on appelle la résilience me semble au cœur des enjeux actuels. Comment assurer au mieux une transition urbaine qui prenne en compte à la fois l’environnement, le social, le collectif, l’économie, l’agriculture urbaine, que ce soit au cœur des métropoles comme dans les territoires dits "fragiles" ? Il est primordial de veiller à un développement équilibré de nos systèmes urbains faute de quoi la résilience pourrait rester un vain mot.