Éditorial
Les Entretiens du Cadre de Ville 2026 - Focus 3.1 : "Développement des territoires : comment renforcer le lien emploi-logement ?"
La rédaction
Accompagner les territoires en réindustrialisation, offrir aux entreprises des solutions clés en main pour le logement des salariés, régénérer une ancienne ville-usine... La 11ème édition des Entretiens du Cadre de Ville, qui se tiendra le 8 octobre à la Maison de la Chimie à Paris, explorera sur trois territoires - à Dieppe, Saint-Étienne et Montpellier - les pistes pour renforcer le lien emploi-logement. Zoom sur le focus 3.1.
Au programme du Focus 3.1 : "Développement des territoires : comment renforcer le lien emploi-logement ?"
10h30 - 11h40 : Salle 3
● ACCOMPAGNER LES GRANDS PROJETS INDUSTRIELS À DIEPPE : RÉPONDRE AUX BESOINS DU CHANTIER TOUT EN ANTICIPANT DES LOGEMENTS PÉRENNES POUR LE TERRITOIRE
Cédric Lefebvre, Directeur général, 3F Normanvie et François Lefebvre, 1er adjoint au Maire, Ville de Dieppe, 3ème vice-président, Dieppe-Maritime
3F Normanvie, propriétaire de 10 % des logements du bassin de vie, est engagée dans une politique ambitieuse de rénovation et doit parallèlement répondre aux besoins de la construction de deux EPR, qui nécessitera l’accueil de 10 000 salariés en 10 ans. Comment loger temporairement des salariés dont la durée moyenne de présence est de 3 mois puis des familles à l’issue de la livraison du chantier ? Le choix de 3F s’est porté sur la construction de résidences mobilité pensées dès la conception pour être transformables en logements sociaux classiques. Outre les impacts sur les prescriptions architecturales et sur les coûts, le projet a nécessité d’innover d’un point de vue juridique : en effet, lors de son émergence, le cadre réglementaire, aujourd’hui prévu par la loi Huwart, n’existait pas et une convention directe avec le ministère du logement a été réalisée.
● LA RÉGÉNÉRATION DE SAINT-ETIENNE : TRANSFORMER UNE « VILLE USINE » ET REDYNAMISER SIMULTANÉMENT ACTIVITÉ ÉCONOMIQUE ET OFFRE DE LOGEMENTS
Yvan Astier, Directeur général, EPASE
Orientée pour produire, la ville de Saint-Étienne a perdu, au fil du XXè siècle, une large part de son activité industrielle et de ses habitants, engendrant des problématiques de vacance et de détérioration du centre-ville.
Dans le cadre d’une opération d’intérêt national, l’EPA Saint-Étienne déploie depuis 20 ans une approche systémique visant à agir à la fois sur l’habitat, neuf et ancien, l’activité économique et la qualité de vie en centre-ville (renaturation, espaces publics, loisirs…). L’équation économique de cette opération d’ampleur est complexe avec des coûts de réhabilitation et de requalification foncière très élevés et des prix de sortie limités au regard du marché immobilier local. Lauréat de l’AMI Territoires engagés pour le logement, l’EPASE travaille avec de nombreux partenaires pour imaginer de nouveaux modes de faire en matière de construction et de réhabilitation de logements. En parallèle, plusieurs secteurs ont été fléchés pour permettre le retour d’activités productives au cœur du tissu urbain, et deux filiales ont été créées avec des partenaires bancaires pour accompagner le développement des entreprises du territoire et le dynamisme commercial du centre-ville.
● LOGER LES SALARIÉS DANS LES MÉTROPOLES : DES OFFRES DE LOGEMENTS APPUYÉES SUR DE NOUVELLES COLLABORATIONS ENTRE AMÉNAGEUR, PROMOTEURS ET ENTREPRISES
Cédric Grail, Directeur général, Altémed
La ville de Montpellier s’est donnée comme objectif la création de 30 000 emplois. Alors que 25 à 30 % des salariés renoncent à des emplois dans les métropoles par crainte de ne pas pouvoir loger leur famille, Altémed développe des actions concrètes pour garantir une offre de logements suffisante et accompagner ainsi cette ambition économique. Ces actions reposent notamment sur une nouvelle approche partenariale avec les promoteurs et entreprises. Parmi elles :
● La clause de retour à une meilleure fortune : mécanisme incitatif, facilitant l'équilibre du bilan promoteur lorsque la conjoncture est mauvaise. Afin de garantir la sortie des opérations, l'aménageur accepte de réduire les charges foncières. Dans l'hypothèse d'un changement de conjoncture, conduisant à des bilans promoteurs plus élevés qu'initialement prévu, il s'octroie alors le droit de revoir les conditions financières des cessions, une fois les opérations livrées. Le principe est de partager l'effort et le risque financier mais aussi la marge supplémentaire lorsqu'elle existe.
● La clause d’accélération de la vitesse d’écoulement : face aux difficultés à précommercialiser, une analyse du prix de sortie adapté est réalisée quartier par quartier, puis un accord passé avec les promoteurs attributaires des lots pour qu’ils s’engagent à lancer le projet au maximum 12 mois après l’obtention du PC
● Via la filiale InMedio et la création d’une foncière, Altémed propose aux entreprises de louer des logements à des prix de marché très accessibles, pour une durée de 7 ans, et de les mettre à disposition de leurs salariés à leur convenance. A l'issue des 7 ans, elles peuvent racheter les biens. Une première opération de 60 logements est en cours dans ce cadre à Castelnau.
D'autres démarches comme l'application du concept de "low cost" au logement sont actuellement à l'étude.

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